Sans trahir le secret de la fabrication de ce subtil breuvage, à consommer avec modération, deux plantes entrent dans sa composition. Qui l’eût cru qu’un jour, le fenouil avec son port altier, la fleur jaune narguant le soleil, le bulbe au sec, surplombant du haut de la berge la fragile et délicate salicorne, enrhumée, le pied souvent dans l’humidité, convolèrent ensemble. Oh, oui! pardon, qui l’eût cru que ces deux là , l’un fier, l’autre tendre allaient “bailloter” de concert.
LA SALICORNE (Genre Salicornia, famille Chénopodiacées)
Â
Discrète mais étonnante, la salicorne séduit par son goût salé naturel et son adaptation aux marais salants.
Les salicornes sont des plantes annuelles ou vivaces pour certaines, halophiles qui poussent dans les marais salĂ©s et les zones cĂ´tières vaseuses (estuaires, prĂ©s-salĂ©s) mais, aussi, dans le sable sĂ©dimentaire stabilisĂ© mais humide de la frange littorale. Elle est reconnaissable par ses tiges charnues et ses petites feuilles Ă©cailleuses. Elle se dĂ©veloppe en touffes denses qui peuvent atteindre jusqu’Ă 30 centimètres de hauteur. Sa couleur varie du vert au rouge, selon la saison et l’exposition au sel. Les marais d’Olonne, façonnĂ©s par l’homme au fil des siècles, fournissent un habitat riche en nutriments. La salicorne y prospère grâce Ă sa capacitĂ© unique Ă tolĂ©rer de fortes concentrations de sel, ce qui en fait une espèce pionnière dans ces Ă©cosystèmes.
Cette plante est appréciée pour sa saveur unique et ses nombreuses vertus.
Â
La salicorne est prisée en cuisine pour sa texture croquante et son goût légèrement iodé. Elle peut être consommée crue, en salade, ou cuite, à la vapeur ou sautée. Les chefs utilisent les jeunes pousses souvent pour rehausser des plats de poisson ou de fruits de mer. Elle peut être conservée en bocaux dans le vinaigre (“cornichon de mer”). Avec simplicité et gourmandise, préparez un mélange haché de pousses tendres avec un filet d’huile végétale, un zeste d’agrume et des aromates locaux, à étaler sur une tranche de pain beurrée croustillante et savoureuse, à la fraîcheur marine, parfaite pour les escapades en Vendée.
En plus de ses qualitĂ©s gustatives, la salicorne est riche en antioxydants, vitamines A et C, ainsi qu’en minĂ©raux comme le magnĂ©sium et le calcium. Sa consommation peut contribuer Ă renforcer le système immunitaire, favoriser une bonne digestion et soutenir la santĂ© osseuse.
Pour anecdote, jusqu’au XVIIIe siècle, on transformait en particulier, les salicornes sous-arbustives par brûlage en soude, une base alcaline puissante, pour la fabrication du savon et du verre.
Un peu moins de 30 espèces seraient répertoriées dans le monde. Un certain nombre sont recensés en Europe dont la reconnaissance est parfois complexe, y compris sur notre littoral:
- La salicorne europĂ©enne (Salicornia europeae)Â
- La salicorne à longs épis ou rampante (Salicornia procumbens)
- La salicorne obscure (Salicornia obscura)
- Les salicornes arbustives (Sarcocornia perennis, Sarcocornia fruticosa)
- La salicorne d’Emeric (Salicornia emericii)
- La salicorne rameuse (Salicornia appressa)
CommunĂ©ment, on l’appelle salicot, passe-pierre ou perce-pierre, haricot de mer ou cornichon de mer, corne salĂ©e (du latin cornu -corne- et sal -sel-) …
Le regard passionné de Patrick Mioulane sur le tamaris
Le genre Salicornia, créé par Carl Von Linné en 1753, regroupe 27 espèces de plantes halophiles (les halophytes vivent dans les sols salés). Elles appartiennent à la famille des Amaranthaceae selon la classification phylogénétique APG III (2009). Dans la classification classique, Salicornia était inscrite dans les Chenopodiaceae.
Salicornia europaea est présente dans les zones tempérées de tous les continents. C’est l’espèce la plus répandue en France sur les côtes maritimes et les marais salés.
LE FENOUIL SAUVAGE
(Foeniculum vulgare, famille des Apiacées)
Avec son parfum anisé et sa silhouette sauvage, le fenouil accompagne depuis toujours les paysages et les saveurs du marais.
Le fenouil sauvage, originaire du bassin mĂ©diterranĂ©en, est aujourd’hui rĂ©pandu dans de nombreuses rĂ©gions du monde, oĂą il pousse souvent de manière spontanĂ©e.
Il se distingue par ses tiges robustes et creuses qui peuvent atteindre jusqu’Ă deux mètres de hauteur. Ses feuilles, au goĂ»t d’anis prononcĂ©, sont pennĂ©es et filiformes, finement et dĂ©licatement ciselĂ©es.Â
Ses fleurs jaunes, regroupées en ombelles, sont particulièrement attractives pour les insectes pollinisateurs, qui ainsi, enrichissent la vitalité globale de cette espèce vulnérable.
En cuisine, le fenouil sauvage est apprécié pour son arôme anisé unique. Voici quelques-unes de ses utilisations les plus courantes :
- Les Feuilles : Elles peuvent être utilisées fraîches pour parfumer des salades, des soupes ou des plats de poisson.
- Les Graines : Récoltées à maturité, elles sont souvent utilisées comme épice dans les pains, les marinades et les plats à base de viande.
- Le Bulbe : Bien que moins développé dans le fenouil sauvage que dans le fenouil cultivé, peut être utilisé pour ajouter du croquant aux salades.
Le fenouil sauvage est Ă©galement reconnu pour ses nombreuses vertus mĂ©dicinales diurĂ©tiques. Ses graines, en particulier, sont utilisĂ©es en phytothĂ©rapie pour leurs propriĂ©tĂ©s digestives.Â
Elles peuvent aider à soulager les ballonnements et les coliques, et sont souvent incorporées dans des tisanes apaisantes. Ainsi, pour une boisson réconfortante, laissez infuser une petite quantité de semences mûres dans de l’eau frémissante une dizaine de minutes: un moyen simple de clore un repas en douceur.
Précaution
Bien que le fenouil sauvage soit gĂ©nĂ©ralement sans danger, il est important de le rĂ©colter avec prĂ©caution. Assurez-vous de l’identifier correctement, car certaines plantes toxiques peuvent ĂŞtre confondues avec le fenouil.Â
Il est conseillĂ© de rĂ©colter les parties aĂ©riennes de la plante au printemps ou en Ă©tĂ©, lorsque les fleurs sont pleinement Ă©panouies.Â
Ainsi, vous éviterez de le confondre entre autres avec le fenouil sauvage des marais (Œnanthe aquatica), plus présent en marais doux, aux fleurs blanches dont l’ensemble s’avère toxique.
Sources :Â
Photos : Jean-François CAHUEAU
Textes :Â
- Jean-François CAHUEAU – Membre de l’ASMG
- MĂ©lanie DURANTEAU – Graphiste
- Patrick Mioulane – Expert, rĂ©dacteur en chef, passionnĂ©ment jardin…
http://www.newsjardintv.com/
https://www.youtube.com/channel/UCYsThm4HgSRy4nFyX871H1A