Dans les marais vendéens, la laitue de mer trace une nouvelle voie pour l’aquaculture

Au marais des Proux, propriété de la commune de l’Ile d’Olonne, la gestation d’une culture inattendue attire désormais les regards : celle de la laitue de mer, scientifiquement dénommée Ulva lactucae. Comme son nom vernaculaire l’indique, elle ressemble à une feuille de laitue de couleur verte translucide.

Ainsi quelques acteurs locaux explorent aujourd’hui de nouvelles méthodes d’algoculture raisonnée, à taille humaine, capables de concilier production durable, respect des milieux naturels et valorisation du territoire. Dans ces paysages façonnés depuis des générations par l’eau et les hommes, les anciens marais pourraient trouver une nouvelle utilité.

On le sait depuis fort longtemps, certaines algues ont des atouts considérables et prometteurs.

Une algue aux multiples qualités

Ainsi, Ulva lactucae, naturellement riche en minéraux, en vitamines et en protéines végétales, intéresse de plus en plus les secteurs de l’alimentation durable. Ses qualités nutritionnelles et son goût iodé permettent de l’intégrer dans différentes préparations culinaires : tartares d’algues, assaisonnements, bouillons ou encore produits transformés destinés à la restauration et à l’industrie agroalimentaire.

Mais son intérêt ne s’arrête pas à l’assiette. Cette algue joue également un rôle écologique précieux. En absorbant certains nutriments présents dans l’eau, elle participe naturellement à l’équilibre des bassins aquacoles et contribue à améliorer la qualité de l’eau. Cependant, un développement intempestif et anarchique est aussi un bioindicateur en zone maritime polluée, avec phénomène d’eutrophisation. La culture des algues n’est pas qu’un sujet empirique. Elle résulte de la bonne santé de son milieu.

Les marais comme laboratoires naturels

Pendant longtemps, les marais vendéens ont vécu au rythme de la saliculture, de la pêche et de l’entretien hydraulique. Aujourd’hui, ces espaces fragiles doivent aussi relever les défis du changement climatique et de la transition écologique.

L’aquaculture basée sur les algues ouvre alors de nouvelles perspectives économiques pour ces territoires littoraux. Les marais deviennent progressivement des lieux d’expérimentation où biodiversité et innovation avancent côte à côte.

Cette approche permet également de préserver des paysages emblématiques de la Vendée tout en imaginant de nouvelles activités respectueuses de l’environnement.

 

Une économie bleue en développement

La culture des algues suscite un intérêt croissant bien au-delà du secteur alimentaire. Cosmétique, agriculture, nutrition animale ou encore biotechnologies : les débouchés se multiplient autour de cette ressource marine encore peu exploitée en France.

Pour les territoires côtiers, cette diversification représente une opportunité de renforcer l’économie locale tout en limitant l’impact environnemental des productions.

À L’Île-d’Olonne, grâce à Dany Rassoul, la laitue de mer symbolise finalement une nouvelle manière de penser les marais : non plus seulement comme un héritage patrimonial, mais aussi comme un espace d’avenir où nature, innovation et alimentation durable peuvent évoluer ensemble.

Sources : 

Photo : ©Captaindjo – CC BY-SA 4.0

Textes : 

  • Jean-François CAHUEAU – Membre de l’ASMG
  • Mélanie DURANTEAU – Graphiste
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