Hier & aujourd’hui
Des pratiques ancestrales, toujours d’actualité.
Le patrimoine vendéen est vivant.
Le retour du mât : une pratique historique qui retrouve sa place
À l’occasion du retour du mât de signalisation du secteur RIVIOLA, dans les marais du Pays d’Olonne, nous sommes allés à la rencontre de Stéphane Raffin, issu d’une des plus anciennes familles de sauniers du territoire, toujours en activité aujourd’hui.
Bien plus qu’un simple élément du paysage, ce mât est un témoin de l’histoire des marais.
Pendant des générations, ses signaux permettaient d’informer les propriétaires et les exploitants des mouvements d’eau, des prises de mer et des renvois. Il participait ainsi à une organisation collective indispensable au fonctionnement des marais.
Son retour à RIVIOLA fait donc bien plus que redonner sa place à un ancien système de signalisation : il permet de faire revivre une pratique historique des marais du Pays d’Olonne, intimement liée à leur fonctionnement et à leur gestion collective.
Ce retour s’inscrit aussi dans une volonté de préserver et de transmettre un patrimoine local, en redonnant vie à un usage qui faisait autrefois partie du paysage et de la vie quotidienne des marais.
Pour aller plus loin dans l’histoire du mât de RIVIOLA
Découvrez notre article consacré à son histoire, à sa fonction et à sa remise en place :
Stéphane Raffin : une histoire qui se transmet
Le choix de rencontrer Stéphane Raffin prend ici tout son sens.
Issu d’une famille de sauniers profondément ancrée dans l’histoire du territoire, il est lui-même toujours en activité aujourd’hui. À travers son témoignage, c’est donc une partie de la mémoire des marais qui continue de se transmettre.
Stéphane nous explique le rôle du mât, son fonctionnement et son importance dans la gestion quotidienne des marais.
Il nous rappelle également combien les mouvements d’eau sont essentiels à leur fonctionnement, à leur équilibre et, plus largement, à celui du territoire.
Découvrez la vidéo : « Quel est l’intérêt des mouvements d’eau ? »
Les connaissances liées aux marais ne sont pas uniquement contenues dans des livres ou des archives. Elles vivent aussi dans les gestes, les pratiques et les récits de celles et ceux qui les connaissent et les pratiquent encore.
C’est cette transmission de génération en génération qui permet au patrimoine de rester vivant.
Hier, un signal dans le paysage. Aujourd’hui, une notification sur nos téléphones.
Le parallèle est finalement assez étonnant.
Aujourd’hui, une notification nous informe instantanément d’un événement. Hier, dans les marais, un signal visible au loin permettait de transmettre une information à toute une communauté de propriétaires et d’exploitants.
Les outils ont changé.
Le besoin de transmettre l’information, de se coordonner et de gérer collectivement le marais, lui, demeure.
C’est tout le symbole du mât de RIVIOLA : une pratique ancienne qui retrouve aujourd’hui sa place dans un territoire toujours vivant.
La technologie au poignet, les savoir-faire ancestraux dans les marais.
Un patrimoine vivant, tourné vers l’avenir
Le patrimoine des marais ne se résume pas à des objets anciens ou à des souvenirs du passé.
Il est constitué de gestes, de pratiques, de connaissances et de savoir-faire transmis de génération en génération.
Et lorsque ces pratiques restent utiles, comprises et partagées aujourd’hui, elles deviennent un véritable patrimoine vivant.
Le retour du mât de RIVIOLA crée ainsi un lien entre plusieurs générations : celles qui ont connu et utilisé ces signaux, celles qui en ont conservé la mémoire et celles qui, aujourd’hui, choisissent de les faire revivre et de les transmettre.
Modernité et tradition ne sont pas opposées. Elles peuvent au contraire se compléter.
Les outils évoluent, mais la connaissance du territoire, la transmission et l’intelligence collective restent essentielles pour continuer à faire vivre les marais.
Découvrez la vidéo : « Quel est le rôle du mât dans les marais ? »
Le mât de RIVIOLA en est un beau symbole : un élément du passé qui retrouve une utilité et une place dans le présent, tout en ouvrant une réflexion sur l’avenir.
Parce que comprendre les pratiques d’hier, c’est aussi mieux comprendre les marais d’aujourd’hui… et préparer leur avenir.
Sources et contributions
Textes : René CLOUTEAU, Jean-François CAHUEAU, Franck R. et Mélanie DURANTEAU
Vidéos : René CLOUTEAU, Stéphane RAFFIN et Mélanie DURANTEAU